
Le Plan France Médecine Génomique 2025 s’attache à garantir un accès équitable à la médecine génomique sur l’ensemble du territoire. Parmi les piliers de ce plan, les Chargé-e-s de Parcours Génomique (CPG) jouent un rôle central. Leur mission ? Faciliter, former et accompagner les professionnels de santé tout au long du parcours de soins génomique.
Le poste de CPG a été initialement créé en 2020, dans le cadre du Plan National Maladies Rares 3. Son succès a conduit à une généralisation en 2022, avec le financement de 51 postes par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS), couvrant l’ensemble des préindications du PFMG2025 dans le champ des maladies rares, de l’oncogénétique et des cancers. Leur champ d’action s’étend bien au-delà de la simple aide à la prescription : ils forment les prescripteurs à l’utilisation des outils de e-prescription, participent aux Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP-FMG), et organisent les circuits logistiques au niveau local. Pour les CPG également conseillers en génétique, vient s’ajouter l’accompagnement des patients et de leurs familles.
Leur présence sur tout le territoire métropolitain et ultra-marin permet de garantir une couverture homogène et de répondre aux besoins spécifiques des prescripteurs, qu’ils soient en milieu hospitalier ou libéral. Leur rôle est d’autant plus crucial que la médecine génomique repose sur des technologies complexes, nécessitant une formation continue et un accompagnement personnalisé.
Les CPG contribuent également à la mise en place des nouvelles préindications cliniques, en collaboration avec les professionnels de santé et les laboratoires de séquençage, SeqOIA et AURAGEN. Leur action permet d’assurer une transition fluide vers une médecine plus personnalisée, tout en garantissant la qualité et la sécurité des parcours de soins.
Une étude récente, publiée dans European Journal of Human Genetics, dresse un premier bilan de ce dispositif. Menée auprès de 36 CPG sur les 40 en poste au moment de l’étude, l’enquête révèle que la présence de ces professionnels dans les centres de soins permet de fluidifier les parcours, de réduire les délais et d’améliorer la qualité des prescriptions pour toutes les préindications.
Les CPG ont su s’imposer comme des acteurs incontournables, avec une satisfaction professionnelle élevée : 55 % souhaiteraient poursuivre leur mission au-delà des trois ans initialement prévus. Cependant, des défis persistent, comme les contraintes géographiques (logistique des prélèvements, mobilité des patients) ou la nécessité d’harmoniser les pratiques entre les territoires. L’étude souligne également l’importance d’une formation continue, notamment en génomique et en coordination de projets, pour renforcer leurs compétences et leur autonomie.
En novembre 2025, la première Journée Nationale des Chargés de Parcours Génomique a réuni une majorité des CPG à Paris, ainsi que certains participants en visioconférence. Organisée sous l’égide du Groupe de Travail Formation du PFMG2025, cette journée a permis de partager les bonnes pratiques en vue d’harmoniser les processus et de renforcer la collaboration entre les CPG des deux LBM-FMG. Les participants ont souligné l’importance de ces rencontres pour réduire l’isolement géographique et créer une dynamique collective. Comme l’a résumé un CPG lors de l’événement : « Cette journée nous a permis de réaliser que nous faisons face aux mêmes défis et que nos solutions peuvent inspirer nos collègues. C’est un accélérateur de cohésion et d’efficacité. » Les très nombreux sujets du programme de cette première Journée n’ayant pu être assez approfondis d’après les participants, une deuxième édition pour développer les échanges et les interactions est vivement espérée par tous.

Avec plus de 58 000 prescriptions traitées depuis le début du plan, les CPG ont démontré leur valeur ajoutée dans l’implémentation de la médecine génomique. Leur rôle, unique en Europe, pourrait inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes enjeux de coordination et d’équité territoriale. En France, la poursuite de ce dispositif constitue un des enjeux majeurs pour la suite du PFMG.